La Fugue

Spectacle théâtre / musique pour adolescents

L’histoire

En fugue depuis plusieurs semaines, Yohan cultive un amour secret pour Noémie, jeune adolescente affiliée à un gang de rue. Son père, toujours sans nouvelle, vient de recevoir une boîte de la main des policiers. C’est en fouillant dans les affaires retrouvées de son fils qu’il reconstruira, morceau par morceau, le récit de cet adolescent dont il s’est éloigné.

Tracé de l’œuvre

Pour la nouvelle création SMCQ Jeunesse, Walter Boudreau souhaitait un spectacle sans mot, presque abstrait, axé essentiellement sur la musique: «Je rêve d’une fugue mise en scène, un concept qui pourrait révolutionner le spectacle jeunesse et briser la domination de la narration». À l’avant-garde de la création musicale au Québec, il était naturel que la SMCQ aille plus loin dans son volet jeunesse, en s’éloignant du conte musical traditionnel au profit d’un spectacle plus éclaté où l’apport théâtral est au service de la musique. Un théâtre où la matière première est sonore. Un récit dans lequel différents tableaux se suivent et se complètent.

Le choix de Qui va là s’est fait naturellement. La troupe est formée de jeunes diplômés du Conservatoire en théâtre et en musique: Benoit Côté, compositeur (étudiant en doctorat avec Michel Longtin et maîtrise avec Michel Gonneville et Yves Daoust, membres du comité artistique de la SMCQ), Félix Beaulieu-Duchesneau, chanteur-comédien-marionnettiste (acteur de TapaJungle, production de SMCQ Jeunesse), Justin Laramée et Philippe Racine, tous deux metteurs en scène et interprètes. Qui va là croit au travail collectif, prône un théâtre de récupération et veut contribuer à l’idée de la responsabilité humaine face au monde. Ces comédiens / musiciens / concepteurs / scénaristes / metteurs-en-scène aiment les projets insolites et souhaitent explorer les frontières entre théâtre et musique.

Une fugue est un geste spontané issu de la détresse. Une fuite désorganisée par laquelle on se sauve de sa famille, de sa maison, d’une vie dont on veut se défaire. La fugue arrive lorsque les mots n’apportent aucune solution, lorsqu’il faut affirmer, par un geste ambitieux, le rejet. Mais la fugue est également une forme musicale de haute voltige. Le sommet de la tradition musicale occidentale, le moment où le musicien se mesure au Créateur. Un projet musical magistral où le hasard disparaît au profit de l’Ordre et de l’Harmonie.

Les deux usages du mot diffèrent à maints égards. La «fugue-fuite» est un cafouillage, une course vers nulle part remplie de tristesse et d’amertume. La «fugue musicale» est aussi précise et sophistiquée qu’un système d’horlogerie. La «fugue-fuite» est la dérive de l’âme. La «fugue musicale» est le sommet de l’esprit. Par ailleurs, les deux usages du mot ont une motivation en commun: le délire, le fantasme. C’est bien le désir de Qui va là et SMCQ Jeunesse que d’illustrer ce délire, dans un spectacle où les deux fugues s’unissent.

Afin d’aborder avec réalisme la problématique des gangs de rue, Qui va là a consulté des ouvrages reconnus pour leur rigueur et leur actualité, en plus de bénéficier des conseils de certains experts en délinquence, parmi lesquels Jacques Schales, du Service de police de la Ville de Montréal.

Conseillers: Étienne Boucher, éclairage; Jean Cumming, manipulation; Geneviève Lizotte, visuel; Michel Longtin, musique; Benoît Vermeulen, mise en scène

Créateurs

Infos pratiques