Montréal (Québec), 19131980
Visual artist

Philip Guston naît à Montréal en 1913 et grandit en Californie. Il étudie à l’école d’art de Los Angeles, où il a notamment pour condisciple Jackson Pollock. Ses premières œuvres, figuratives, sont liées à son engagement politique au sein de groupes sympathisants de l’idée marxiste. À la fin des années 1930, après avoir vu les oeuvres de Max Beckmann et de Pablo Picasso à New York, Guston troque son réalisme contre une forme plus allégorique. Il obtient le Premier Prix Carnegie en 1945, mais déçoit ses premiers admirateurs en devenant un chantre de l’expressionnisme abstrait, après avoir rejoint les rangs de l’avant-garde new-yorkaise, dont Jackson Pollock (qu’il retrouve à New York) et Mark Rothko. Ami de John Cage et de Morton Feldman, il découvre la pensée extrême-orientale: ses dessins se rapprochent alors de la calligraphie.

Dans les années 1970, Guston se détourne résolument de l’abstraction pure pour dessiner et peindre des œuvres figuratives qui renvoient au style des Cartoons (bandes dessinées à l’Américaine). Il provoque un véritable scandale à la New York Malborough Gallery où sont exposées pour la première fois ces toiles. Ses contemporains ne comprennent pas comment un «héros» de l’abstraction peut changer aussi radicalement de style et ce, sans préavis. Feldman, qui décrit par ailleurs Guston comme son meilleur ami, ne trouve rien à dire de favorable sur cette nouvelle approche, si radicalement différente des abstractions minimalistes qui l’enthousiasmaient jusqu’alors. Son attitude blesse profondément le peintre et leur amitié ne s’en remettra vraiment jamais. La toile Friend: To M.F. est un «saisissant témoignage d’une rupture regrettée mutuellement».

Jusqu’à la fin de sa vie, en 1980, Philip Guston donnera libre cours à son imaginaire évoluant entre sublime et grotesque, une combinaison qui évoque parfois le Goya noir des Caprices.

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