Integral/parent work: L’opera per flauto

Chant de remerciement, de grâces. Construction géométrique de peu de sons que l’enchantement a laissé dans l’incertitude…

Par bonheur, l’enchantement opère. Apparemment condamné à rester privé de sa voix dans un cocon, le vieil instrument, épuisé par la recherche de sons nouveaux, en sort cette fois radicalement transformé.

L’invention est un défi. Pendant des années, je le confesse, j’avais couvé un désir: que la flûte se transforme en son inséparable compagnon de temps immémoriaux, qu’elle devienne tout à la fois flûte ET tambour. Mon vœu était de faire de la magie avec les choses les plus banales, avec les sons les plus désagréables, les sons du quotidien, des sons que nous n’entendons plus. Sur un instrument monodique, la polyphonie n’est plus apparente. Devant ce résultat heureux, il ne me reste plus qu’à remercier les divinités.

La chanson est une construction géométrique autour de quelques sons laissés en suspens par les enchantements. Strophique, polyphonique, polyrythmique, une mélodie accompagnée ne paraîtra exsangue qu’aux yeux de vampires.