Pierrot Lunaire, op 21 (1912)

Arnold Schoenberg (Albert Giraud, Otto Erich Hartleben, libretto)

speaking-singing voice (“Sprechgesang”), flute (and piccolo), clarinet (and bass clarinet), piano, violin (and viola), and cello

[English translation not available]

Cette œuvre trouve son origine dans le recueil de poèmes éponyme du symboliste belge Albert Giraud. Le texte met en scène Pierrot, personnage issu de la commedia dell’arte auquel l’auteur s’identifie totalement. Afin de fuir l’absurdité du monde, Pierrot trouve refuge dans le rêve, symbolisé par la lune (de là le titre). Mais son désespoir est tel qu’il ne voit plus dans sa pâle clarté que le reflet de sa propre condition (Der kranke Mond — «Lune malade»). Seul et sans secours, Pierrot ne trouve rien de mieux à faire que de narguer Cassandre, archétype de l’académicien, en frottant sur son ventre un archet, produisant une grotesque mélodie (Serenade — «Sérénade»). Il se console finalement à l’idée que l’art perdurera, sachant néanmoins que la beauté ne s’obtient que par un travail acharné: «Les beaux vers sont de larges croix / Où saignent les rouges Poètes» (Die Kreuze — «Les croix»).

Schönberg découvrit ce texte grâce à la traduction allemande d’Otto Erich Hartleben. Des 50 poèmes composant le recueil, il en choisit 21, qu’il organisa en trois groupes de sept. L’œuvre se caractérise par la présence d’une technique vocale particulière, le Sprechgesang, à mi-chemin entre la parole et le chant.

Jean-Simon Robert-Ouimet [i-12]

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