Vancouver (Colombie-Britannique, Canada), 1949
Compositrice

Le style très personnel d’Alexina Louie (où se marient les cultures de l’Orient et de l’Occident) est marqué d’influences diverses. Son opéra, The Scarlet Princess, sur un livret du dramaturge David Henry Hwang (auteur de M. Butterfly), qu’elle écrit à titre de compositrice en résidence à la Canadian Opera Company, est une œuvre gigantesque — une histoire érotique de revenants inspirée d’un kabuki japonais du 17e siècle.

Née en 1949 à Vancouver. Alexina Louie est l’une des compositrices les plus estimées et les plus souvent jouées au Canada. Elle commence l’étude du piano à sept ans et, à 17 ans, obtient le diplôme d’Associate du Royal Conservatory of Music en interprétation pianistique. Elle poursuit ses études de piano à l’université de la Colombie-Britannique, où elle assiste également aux cours de composition de Cortland Hultberg et reçoit un baccalauréat en histoire de la musique en 1970. Elle fait ensuite des études supérieures à l’université de la Californie à San Diego auprès de Robert Erickson et de Pauline Oliveros, et y termine une maîtrise en composition en 1974. Prolongeant son séjour en Californie jusqu’à la fin des années 1970, elle y enseigne le piano, la théorie et la composition électroacoustique au City College de Pasadena et à celui de Los Angeles. Depuis 1980, elle vit à Toronto où elle mène une carrière de compositrice indépendante pour le concert, la danse, la télévision et le cinéma.

Alexina Louie est née dans une famille canadienne d’origine chinoise de deuxième génération. Son style très personnel, où se marient les cultures de l’Orient et de l’Occident, est marqué d’influences diverses — ses racines chinoises aussi bien que ses études de théorie, d’histoire et d’interprétation musicales. Ses œuvres ont été commandées et interprétées par plusieurs des orchestres, ensembles de musique nouvelle, formations de chambre et solistes les plus en vue au Canada. Parmi les exécutions mémorables de ses œuvres figure celle de The Ringing Earth par l’Orchestre symphonique de Vancouver au gala d’ouverture d’Expo 86; celle de la même œuvre par l’Orchestre symphonique de Montréal à l’Assemblée générale des Nations Unies lors de la Journée des Nations Unies (1989); celles données lors des tournées du Toronto Symphony Orchestra en Europe (1986) et dans les pays de la ceinture du Pacifique (1990); et la présentation par le pianiste Jon Kimura Parker de Scenes From a Jade Terrace au gala d’ouverture de l’ambassade canadienne à Tokyo (1991).

En 1993, le BBC Symphony a présenté O Magnum Mysterium: In Memoriam Glenn Gould, une œuvre d’Alexina Louie reprise l’année suivante par le St. Louis Symphony sous la direction de Leonard Slatkin, et chorégraphiée plus tard par Dominique Dumais sous le titre One hundred words for snow. C’est en 1993 également qu’eurent lieu la création de Gallery Fanfares, Arias and Interludes, œuvre d’une durée d’une heure commandée par l’Art Gallery of Ontario pour les cérémonies d’ouverture de ses nouveaux locaux. L’année suivante, Alexina Louie recevait le prestigieux Prix national de musique M. Joan Chalmers pour les sections vocales de cette œuvre, qui portent indépendamment le titre Obsessions (Their Own Words).

Alexina Louie a reçu un grand nombre de prix et de distinctions. En 1986, Année internationale de la musique, le Conseil canadien de la musique l’a nommée «Compositeur de l’année». En 1988, Songs of Paradise lui valait le prix Juno, dans la catégorie «Meilleure composition classique». En 1990, elle recevait le premier Prix de musique de concert de la SOCAN à titre de compositeur le plus souvent joué au cours de l’année, honneur qui lui est également revenu en 1992. À la suite du Prix Chalmers en 1994, elle a obtenu une Bourse «A» du Conseil des arts du Canada en 1995, avant d’être nommée Compositrice en résidence à la Canadian Opera Company en 1996. En 1997, Alexina Louie a reçu un doctorat honorifique de l’université de Calgary, et la Société Radio-Canada a publié un disque où figure Winter Music, interprété par Steven Dann. Ce concerto de chambre pour alto et onze instrumentistes, commandé par la Vancouver New Music Society, fut mis en nomination aux prix Juno, catégorie «Meilleure composition classique» en 1998. L’année1999 fut également une année exceptionnelle: elle remportait le Prix Jules-Léger pour la nouvelle musique de chambre Nightfall (une œuvre pour 14 instruments à cordes écrite à l’intention de l’ensemble I Musici de Montréal); la SRC a lancé un disque compact entièrement consacré à plusieurs de ses œuvres d’envergure exécutées par l’Orchestre du Centre national des Arts sous la direction de Mario Bernardi (avec le baryton Russell Braun et l’altiste Martin Beaver); et le Ballet national du Canada a créé one hundred words for snow pendant le colloque «Inspired by Gould». Le disque de la SRC a été mis en nomination pour deux prix Juno en 2000 — l’œuvre-titre de l’enregistrement, Shattered Night, Shivering Stars a remporté le prix de la «Meilleure composition classique». En octobre 2001, Music for a Thousand Autumns fut exécutée en présence de la Gouverneure générale du Canada au cours d’un concert à Dresde, en Allemagne, dirigé par Robert Aitken. Le mois suivant, Alexina Louie était décorée de l’Ordre de l’Ontario, la plus haute distinction décernée par cette province.

Alexina Louie a occupé à plusieurs reprises la fonction de compositrice en résidence: au Scotia Festival en 1993, au Vancouver Chamber Music Festival en 1994, au Boris Brott Summer Music Festival en 1996 et au Banff Arts Festival en 1999. Parmi ses réalisations récentes, citons la création, en collaboration avec son mari Alex Pauk, de la bande sonore du long métrage de Don McKellar, Last Night (Prix de la Jeunesse au Festival du film de Cannes, en 1998). Last Night a été en nomination pour un prix Génie pour la meilleure bande sonore originale, et la musique est disponible sur CD sous étiquette Sony Classical. Louie et Pauk ont aussi composé ensemble la trame sonore du film de Jeremy Podeswa The Five Senses, très bien accueillie lors de son lancement au Festival du film de Cannes en 1999, ainsi qu’au Festival international du film de Toronto. Le couple a également signé la bande sonore de Ravel’s Brain, une production de Rhombus Media louangée par la critique. Cependant, le projet qui a monopolisé l’énergie créatrice d’Alexina Louie durant cinq ans est l’opéra d’envergure The Scarlet Princess, qu’elle compose en collaboration avec le dramaturge (lauréat d’un prix Tony) David Henry Hwang (auteur de M. Butterfly) à titre de compositrice en résidence à la Canadian Opera Company. Cette œuvre gigantesque, une histoire érotique de revenants inspirée d’un kabuki japonais du XVIIe siècle, a été créée par la COC en avril 2002.

Outre sa carrière bien remplie de compositrice, Alexina Louie siège ou a siégé au conseil d’administration de la CAPAC, de la SOCAN et de la Fondation SOCAN, des Prix des arts d’interprétation du Gouverneur général, du Massey Hall, de Roy Thomson Hall, des Toronto Arts Awards et de l’Esprit Orchestra, seul orchestre canadien entièrement voué à l’exécution de la musique contemporaine. Alexina Louie est membre de la Ligue des compositeurs canadiens et Compositrice agréée du Centre de musique canadienne. Les CD Centredisques comportant des œuvres d’Alexina Louie sont Impact (CMCCD 2786) et Love Songs for a Small Planet (CMCCD 4893).

[McGill]

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettent l’analyse d’audience.