Suzanne Binet-Audet et Gilles Gobeil interprètent les œuvres de Gobeil.

L’œuvre musicale de Gilles Gobeil s’est caractérisée jusqu’à maintenant par une esthétique de la rupture où de grands gestes musicaux s’élaborent jusqu’à leur acmé pour se fracasser aussitôt dans le silence. Il s’agit d’une façon musicale d’être, de respirer, une marque naturelle, un style, reconnaissable entre tous et par conséquent, beaucoup plus qu’une manière. À ce titre la Trilogie d’ondes porte la marque de l’enracinement profond de cet état de fait dans la pensée musicale du compositeur.

Le timbre électronique et la résonance acoustique des ondes Martenot épousent parfaitement le matériau sonore de la bande électroacoustique et en font donc une «œuvre mixte» complexe et riche. Par moments le son se confond presque à celui de la bande, mais ailleurs les ondes se démarquent de la masse sonore soit par l’expressivité de certaines interventions mélodiques, soit par le contraste entre l’immatérialité du timbre et la complexité colorée des matériaux de la bande. Ici, Gilles Gobeil a choisi le plus souvent de faire appel à la justesse expressive de l’interprète plutôt qu’à sa seule virtuosité.

Parmi les différentes interventions des ondes, deux thèmes se détachent et sous-tendent toute la structure; le «thème de l’arrachement» toujours très imbriqué à la bande et matérialisé par un long glissando ascendant et le «thème cellule» — ou «thème de l’âme» —, cellule de quatre notes voisines et détempérées les unes par rapport aux autres.

Participants

Programme

Coproduction Réseaux / MNM