• Lundi 25 février 2019
    9h00 – 12h30

Tenue à l’occasion de la troisième École d’hiver internationale en médiation de la musique, cette journée d’étude rassemble 30 étudiants, une quinzaine de chercheurs internationaux et une demi-douzaine de professionnels en médiation de la musique. Au programme: un panorama des activités de médiation des arts de la scène en Suisse, et la présentation de projets de médiation en création musicale contemporaine développés ici et à l’étranger.

Avec la participation de: Jeanne Pont (Ville de Genève — Responsable des actions culturelles), Hervé Guay (UQTR-chercheur), Marie-Claude Lapointe (UQTR-chercheuse), Marie-Claude Larouche (UQTR-chercheuse), Irina Kirchberg (UdeM/P2M-chercheuse), Gabriel Dharmoo (SMCQ-compositeur), Sylvie Cohen (Ensemble Intercontemporain - responsable des actions éducatives) et Jean-Michaël Lavoie (Ars Nova - directeur artistique).

Déroulement

09:00 — Mot d’ouverture

  • Aïda Aoun et Michel Duchesneau

09:15 — Panel I

  • Mesurer la médiation numérique des arts de la scène au Québec: la construction d’un questionnaire (Hervé Guay et Marie-Claude Lapointe)
  • La médiation de la musique au Québec (Irina Kirchberg)
  • Le registre des entrées multiples (Jeanne Pont)

10:30 — Pause

11:00 — Panel I

  • Composer l’hiver: Projet de co-création musicale avec des jeunes des Habitations Jeanne-Mance (Gabriel Dharmoo)
  • Au cœur de la création contemporaine vivante: l’aventure de l’ouverture (Sylvie Cohen)
  • Ars Nova, une fabrique de la création (Laurence Dune)

12:30 — Fin

Une présentation de MNM et de l’équipe de recherche Partenariat sur les publics de la musique.

  1. Hervé Guay, professeur, Université du Québec à Trois-Rivières, Laboratoire de recherche sur les publics de la culture et Musée des beaux-arts de Montréal
    Marie-Claude Lapointe, professeure, Université du Québec à Trois-Rivières, Laboratoire de recherche sur les publics de la culture et Musée des beaux-arts de Montréal

Mesurer la médiation numérique des arts de la scène au Québec: la construction d’un questionnaire

Construire un questionnaire destiné à mesurer la médiation culturelle recourant au numérique dans les trois arts de la scène que sont le théâtre, la danse et le cirque ne va pas de soi et pose des défis épistémologiques et méthodologiques particuliers. Le faire dans le cadre d’un projet Développement de partenariat du CRSH où une équipe de chercheurs travaille de concert avec trois regroupements d’organismes dans chacun des arts visés comporte également des avantages et des inconvénients avec lesquels il est nécessaire de composer, non sans qu’une double expertise ne se mette en place, issue du monde de la recherche et de la culture. Nous reviendrons sur les principales étapes de la construction de ce questionnaire: des définitions de la médiation culturelle et de la médiation culturelle numérique aux grands thèmes du questionnaire jusqu’aux défis de la formulation de certaines questions et de l’identification des destinataires du sondage, sans oublier la consultation en continu des représentant des arts de la scène pendant toute l’opération. Les objectifs de ce retour sur la construction de ce questionnaire quantitatif seront de deux ordres: examiner la pertinence des équipes mixtes, c’est-à-dire composées de chercheurs et de professionnels des arts de la scène, en recherche quantitative sur la culture et interroger l’ampleur du contexte et de la mise en perspective qui doit accompagner une telle investigation pour qu’elle soit éclairante.

Biographies

Hervé Guay

Hervé Guay enseigne au Département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ses recherches touchent l’histoire culturelle québécoise, les discours sur le théâtre, l’esthétique scénique, le numérique dans les arts vivants et la question du spectateur dans les pratiques contemporaines. Président de la Société québécoise d’études théâtrales de 2011 à 2015, il est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, a fondé le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture de l’UQTR et dirige la revue Tangence.

Marie-Claude Lapointe

Marie-Claude Lapointe est professeure au département d’Études en loisir, culture et tourisme à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle s’intéresse aux pratiques culturelles, aux publics et non publics de la culture, au rapport entre les technologies et la culture ainsi qu’aux méthodes de recherche. Auparavant, elle a été chercheure au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ainsi qu’au ministère de la Culture et des Communications, où elle était notamment en charge de mener les enquêtes sur les pratiques culturelles au Québec.

  1. Irina Kirchberg, post-doctorante, Faculté de musique de l’Université de Montréal, OICRM-Équipe Partenariat sur les publics de la musique (P2M)

La médiation de la musique au Québec

Partant de l’analyse des données recueillies dans deux enquêtes réalisées par le groupe de recherche Partenariat sur les Publics Musique (P²M) en collaboration avec le Conseil Québécois de la Musique (CQM) entre mars et juillet 2018 cette communication procèdera en 2 étapes. Un premier temps permettra de présenter un état des lieux des actions de médiation de la musique menées par les organismes de production et de diffusion musicale québécois. Ce premier développement mettra en avant les tensions dans les définitions des objectifs de «médiation de la musique» qu’empruntent les organismes en fonction du répertoire qu’ils défendent entre inclusion sociales, développement de public et éducation (Publics et musées 1998; Bordeaux, 2018). Un second temps, sera l’occasion de présenter les “nouvelles contrées” (Jean Pierre Saez, 2018) de la médiation empruntés par les acteurs du monde des musiques de création ayant élaboré des dispositifs numériques de médiation de la musique.

Biographie

Titulaire d’un doctorat en musicologie de l’université Paris-Sorbonne Irina Kirchberg est postdoctorante et chargée de cours en «médiation de la musique» et en «sociomusicologie» à l’Université de Montréal. Elle est membre du groupe de recherche international Partenariat Publics de la Musique (P2M) et du groupe de recherche international MedNum (sur les médiations numériques) et associée à l’Observatoire des Médiations (OMEC). Irina Kirchberg a co-dirigé les ouvrages Faire l’art. Analyser les processus de création musicale (2015) et Bourdieu et la musique. Bilan et perspectives (à paraître) et co-organisé de nombreux colloques dont le plus récent intitulé «Musique et publics jeunes à l’ère de la Musimorphoses» portait sur les pratiques de consommations musicales des jeunes publics en régime numérique.

  1. Jeanne Pont, attachée culturelle

Le registre des entrées multiples

S’ouvrir à la nouveauté? S’intéresser à ce dont on n’imaginait même pas l’existence? Y prendre goût? Même en n’étant pas un public captif? Quel (s) mécanisme (s) sous-tend (ent) ces questions? En d’autres termes, existe-t-il des formats de médiation culturelle spécifique à la création musicale contemporaine?

Biographie

Je suis historienne d’art de formation initiale. Personne de terrain, engagée depuis 1982 sur les terres de la médiation culturelle et de la sociologie des publics, j’ai été, tour à tour, médiatrice culturelle dans le domaine muséal, puis, de 1989 à 2007, cheffe de projets et d’équipe dans un réseau de 8 musées d’art, d’histoire et de science (développements et perspective); en parallèle j’ai développé et mis en œuvre plusieurs modules de formations à la médiation culturelle dans les domaines des bibliothèques ou de la création vivante. En 2007, j’ai rejoint la direction du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève en qualité d’attachée culturelle, spécialement affectée aux questions des publics de la culture et du sport. Je travaille notamment à développer l’accès citoyen aux dispositifs culturels municipaux (musées, bibliothèques, salles de spectacles, manifestations) et à leurs contenus. Ma mission consiste essentiellement à initier, piloter et/ou coordonner des formats innovants de médiation et/ou d’action culturelle.Je suis historienne d’art de formation initiale. Personne de terrain, engagée depuis 1982 sur les terres de la médiation culturelle et de la sociologie des publics, j’ai été, tour à tour, médiatrice culturelle dans le domaine muséal, cheffe de projets et d’équipe dans un réseau de 8 musées d’art, d’histoire et de science (développements et perspective), puis formatrice dans le domaine des bibliothèques, du théâtre, des scènes musicales et de danse. En 2007, j’ai rejoint la direction du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève en qualité d’attachée culturelle, spécialement affectée aux questions des publics de la culture et du sport.

  1. Gabriel Dharmoo, doctorant en composition, Université Concordia, Matralab

Composer l’hiver — Projet de co-création musicale avec des jeunes des Habitations Jeanne-Mance

À l’initiative de la Société de musique contemporaine du Québec, le compositeur Gabriel Dharmoo prend part cette année à un grand projet de médiation avec des jeunes (6 à 9 ans) des Habitations Jeanne-Mance, une corporation de logements pour citoyens à faible revenu en plein cœur du Centre-Ville de Montréal. L’objectif du projet: permettre à des jeunes de milieux défavorisés (et principalement issus de l’immigration) de participer à la composition d’une œuvre de musique contemporaine sur le thème de l’hiver qui sera diffusée sur une patinoire extérieure dans le cadre du festival international Montréal/Nouvelles Musiques en février 2019. Dans le cadre de l’École d’hiver en médiation culturelle, Gabriel Dharmoo propose de partager son expérience, mettant de l’avant les forces et les défis particuliers du projet, l’impact que celui-ci semble avoir eu sur les jeunes, sur lui-même en tant qu’artiste. Un des angles abordés sera le rapport entre la diversité culturelle des jeunes et les tentatives de décolonisation de la pédagogie musicale du milieu académique et artistique.

Biographie

Gabriel Dharmoo est compositeur, vocaliste, improvisateur et chercheur. Il est lauréat du Prix Jules-Léger (2017) et du Prix Robert-Fleming (2011) du Conseil des Arts du Canada, du Concours de composition MusCan (2017), du Prix Jan V. Matejcek de la SOCAN (2016), du Prix d’Europe de composition Fernand-Lindsay (2011), et de 6 prix pour jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN. Ses œuvres ont été interprétées à travers le Canada, aux États-Unis, en France, en Allemagne, au Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, en Pologne, en Australie, à Singapour et en Afrique du Sud. Sa démarche en tant que vocaliste et artiste interdisciplinaire le mène à créer le solo performatif Anthropologies imaginaires, primé au Amsterdam Fringe Festival (2015) et au SummerWorks Performance Festival (2016). À titre de vocaliste, Gabriel a chanté à travers le Canada (Montréal, Québec, Toronto, Kitchener-Waterloo, Guelph, Vancouver, Victoria, Banff, Winnipeg, Halifax, St. John’s), Sydney (Australie), Cardiff (GB), Berlin et Cologne (Allemagne), Oslo (Norvège), St-Louis (États-Unis), ainsi que Amsterdam et Utrecht (Pays-Bas). Il est compositeur agréé au Centre de musique canadienne et membre de la SOCAN et de la Ligue canadienne des compositeurs. Il poursuit des études doctorales au “Individualized Program” de l’Université Concordia, avec Sandeep Bhagwati (Musique), Noah Drew (Théâtre) et David Howes (Anthropologie).

  1. Sylvie Cohen, chargée des actions éducatives à l’Ensemble intercontemporain, intervenante, musicienne

Au cœur de la création contemporaine vivante: l’aventure de l’ouverture.

La création contemporaine est par nature vivante. Ce constat oriente clairement la transmission vers un double objectif de fond comme de forme: — une démarche de connaissance, de découverte — grâce à un accès facilité en toutes situations Cette transmission s’effectuera alors en premier lieu par les musiciens eux-mêmes, qui portent et jouent ces répertoires spécifiques avec passion, fidélité et exigence. Toutes les rencontres directes et en proximité avec ces musiciens démontent les préjugés ou appréhensions vis-à-vis d’un répertoire inconnu: répétitions publiques au plus près des musiciens, introduites par un médiateur, cartes blanches de solistes dans les lieux publics ouverts, parcours scolaires actifs et participatifs avec les solistes ou avec un compositeur, immersions pratiques en ateliers de quelque niveau. Et aussi, en association avec d’autres pratiques expressives comme la danse ou la littérature. Les créateurs contemporains ont pour mobile d’ouvrir des champs d’expression et de perception, chacun définissant sa propre liberté dans sa démarche de composition. Les objectifs sont toujours tournés vers l’ouverture.

Biographie

En direction des publics amateurs, l’Ensemble organise des actions de nature à faire tomber les préjugés sur la musique contemporaine et la rendre accessible à tous: enfants, adultes, étudiants, musiciens ou simples mélomanes. Avant-concerts, répétitions publiques, séances ouvertes en bibliothèques, concerts éducatifs et en famille. En direction des futurs professionnels, l’EIC organise de nombreuses master classes en France et à l’étranger, et participe aux Académies de Paris (Manifeste), et Lucerne. Collaboration régulière avec le Conservatoire de Paris en vue d’un concert commun par an avec l’Orchestre du Conservatoire.

  1. Laurence Dune, déléguée générale de l’ensemble ARS NOVA

Ars Nova, une fabrique de la création

Ars Nova, le plus ancien ensemble de musique contemporaine en France a depuis toujours développer deux axes: la création et la transmission. Avec l’arrivée de Jean-Michaël Lavoie à la direction en 2018, Ars Nova créé un espace de respiration et déplace le curseur de la visibilité de la création en train de se faire. Les laboratoires et le projet citoyen sont au cœur des préoccupations. Le dispositif DEMOS en pays Thouarsais en est un exemple probant.

Biographie

Musicienne de formation (flûtiste), après un temps d’enseignement dans les conservatoires et école de musique, j’ai choisi de m’orienter dans l’accompagnement et le développement de projets culturels pluridisciplinaires à dominante musicale. Après un DESS de gestion des projets culturels à la Sorbonne à Paris, j’ai eu la chance d’accompagner plusieurs artistes et projet d’artistes en France et au Burkina Faso en tant que productrice indépendante. Depuis 2013, j’ai été appelé par l’ensemble Ars Nova au titre de la coordination générale et du développement et ai accompagné la transition (départ du chef historique Philippe Nahon et arrivée de Jean-Michaël Lavoie).