Chemins vers la nouvelle musique

Un grand pianiste québécois, Louis-Philippe Pelletier, en triple récital à la salle Pierre-Mercure

Communiqué de presse

Montréal, le Lundi 14 mars 2005 — D’Europe en Amérique, nous assistons au début du XXe siècle à l’éclosion d’une musique qui s’affranchit du lourd héritage du passé, en posant les fondements d’une nouvelle écoute pour un nouvel âge. Savant, sensuel, folklorique, mystique, novateur… Un merveilleux voyage avec un pianiste incomparable, un des pionniers du piano contemporain au Québec, Louis-Philippe Pelletier. Le pianiste sera l’invité de la SMCQ les 4, 9 et 11 avril à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau. Il promènera son public à travers plusieurs grandes œuvres pianistiques représentatives d’une période de remises en question du langage musical, celles d’Anton Webern, Alban Berg, Arnold Schoenberg, Claude Debussy et Charles Ives. Trois récitals d’envergure qui font le portrait d’une avant-garde musicale ayant marqué le dernier siècle.

Au programme le lundi 4 avril à 20 h, une douzaine d’œuvres pour clavier de Webern, Berg et Schoenberg, écrites entre 1906 et 1936 (du Satz für klavier aux Variationen, opus 27 de Webern, en passant par la Sonate, opus 1 de Berg et les Fünf Klavierstücke, opus 23 de Schoenberg). Ces œuvres uniques nous mettent en contact avec l’esthétique de la seconde école viennoise, qui a révolutionné l’histoire de la musique. «C’est le souci d’expression qui est au cœur de l’œuvre des Viennois, l’expression du moi sous toutes ses facettes, expression du climat de l’époque, sans espoir, vulgaire, absurde. L’ironie, le sarcasme, la passion, la souffrance, l’angoisse de la mort. Le destin, le bien et le mal», écrit Louis-Philippe Pelletier. Ce pianiste polyvalent est par ailleurs reconnu comme l’un des grands interprètes des œuvres de cette période exceptionnelle, qu’il interprétait pour la première fois en récital à la SMCQ en mars 1977.

Le samedi 9 avril à 17 h, dans le cadre de la série Musiques en apéro, Pelletier interprétera l’intégrale des Douze études de Debussy, un corpus qui a marqué l’évolution du langage pianistique contemporain, dès la seconde décennie du XXe siècle. «On trouvera ici ses intuitions les plus génialement révolutionnaires, les plus lourdes d’avenir», écrit-on au sujet de Debussy et de ses études pour piano. À 18 h, dès la fin du récital, on pourra rencontrer l’artiste autour d’un verre de vin, dans l’esprit décontracté et convivial qui anime la série Musiques en apéro.

Et finalement, le lundi 11 avril à 20 h, c’est Charles Ives qui sera à l’honneur avec ses trois sonates pour piano, écrites entre 1901 et 1915. Pièce de grande envergure d’une durée de près de 50 minutes, la Sonate no 2 de Ives, «Concord», occupera une place de choix dans ce récital entièrement consacré à l’un des musiciens américains qui a le plus marqué son époque par son côté innovateur, et «le mieux réussi à exprimer l’idée de grandeur en musique», souligne Louis-Philippe Pelletier.

Fermement opposé au clivage entretenu entre le répertoire dorénavant traditionnel et celui de notre temps, Louis-Philippe Pelletier a joué ou enregistré les œuvres pour piano les plus marquantes du passé autant que du présent: Bach, Beethoven, Schumann, Brahms, Debussy, Boulez, Messiaen, Stockhausen, Xenakis, Schoenberg, Berg, Webern, ainsi que les œuvres les plus importantes pour piano de compositeurs canadiens contemporains tels Vivier, Papineau-Couture, Garant et autres. Plusieurs de ces œuvres lui ont été dédiées.

Louis-Philippe Pelletier a été professeur à la faculté de musique de l’université McGill où il a également été directeur du département de piano.

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Source: Dominique Olivier pour la SMCQ
Attaché de presse: Alain Labonté, 514-523-9922