Gilles Tremblay: Une contribution exceptionnelle

Dépêche

C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le décès du compositeur, pianiste, ondiste et pédagogue Gilles Tremblay. Directeur artistique de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) de 1986 à 1988, dont il a été également membre du conseil d’administration et président, Gilles Tremblay est sans contredit l’une des grandes figures de la musique contemporaine au Québec. Au nom de la SMCQ, le directeur artistique Walter Boudreau offre ses plus sincères condoléances à sa famille, notamment sa conjointe, Jacqueline et ses amis.

«La musique de Gilles Tremblay «sent» le fleuve! (Saint-Laurent…). Amoureux de tout ce qui vit et respire, des grands espaces, de l’eau, du feu, du ciel et de la terre, Gilles Tremblay nous propose pas moins que l’extase et le dépassement de soi. Son œuvre musicale atteint des sommets de pureté, d’expressivité et d’inventivité au travers un profond respect de la tradition. Gilles était un grand humaniste, de la trempe d’un Fernand Dumont, d’un Gaston Miron ou d’un Pierre Perrault. C’est un pan entier de l’histoire du Québec et de la musique qui part avec lui.» précise avec admiration Walter Boudreau, ancien élève du compositeur.

Rappelons qu’en 2009-2010, la SMCQ proposait partout au pays, dans le cadre de sa série Hommage, une soixantaine d’activités, dont 50 concerts, présentant les œuvres de Gilles Tremblay.

Compositeur reconnu internationalement, Gilles Tremblay s’est démarqué par une démarche personnelle empreinte de spiritualité. Véritable magicien des sons, sa musique est une célébration de la beauté et du mystère de la nature et de la fraternité universelle. Parmi la quarantaine d’œuvres qu’il signe, mentionnons Souffles (Champs II) (1968), «… le sifflement des vents porteurs de l’amour» (1971), Fleuves (1976), Triojubilus (1985), Les Vêpres de la Vierge (1986), Avec, Wampum symphonique (1992, pour le 350e de Montréal), L’arbre de Borobudur (1994), Les pierres crieront (1998), À quelle heure commence le temps? (1999) et L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité (2009). Sa «Sonorisation du Pavillon du Québec» à l’Expo 67 à partir de sons naturels enregistrés partout au Québec lui a valu le Prix de musique Calixa-Lavallée en 1968. Artiste engagé dans sa communauté, Gilles Tremblay a reçu également le Prix Denise-Pelletier (1991), le Prix Serge-Garant (1997) et le Prix Opus «Hommage» (2002).

Né à Arvida (Saguenay) en 1932, Gilles Tremblay a fait ses études aux conservatoires de musique du Québec et de Paris. Il y a bénéficié de l’enseignement de Claude Champagne, Jean Papineau-Couture, Isabelle Delorme, Jean Vallerand, Germaine Malépart et d’Olivier Messiaen. Son séjour en Europe lui permettra également d’assister aux cours d’été de Darmstadt et de faire la connaissance de piliers de la musique du 20e siècle, dont Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis et Pierre Schaeffer. Compagnon d’armes de Serge Garant, Otto Joachim, Pierre Mercure et François Morel, il était un pédagogue exceptionnel qui a formé plusieurs générations de compositeurs tels Claude Vivier, Michel Gonneville, Yves Daoust, Isabelle Panneton, Serge Provost, Jean Lesage, Estelle Lemire ou Kiya Tabassian.

Tout en étant éminemment de son temps, Gilles Tremblay a marqué profondément la musique contemporaine en amalgamant dans un tout cohérent la tradition et la modernité.

Nouvelle rédigée le Vendredi 28 juillet 2017