quatuor à cordes

Wolfgang Rihm fait partie des compositeurs européens les plus influents de la seconde moitié du 20e siècle, en s’étant situé en marge du courant d’avant-garde qui régnait alors. En effet, loin de la conception intellectuelle et structuraliste pendant longtemps dominante, il contribua à redonner une place à l’expressivité spontanée et à l’émotion dans des formes musicales traitées avec une certaine flexibilité. Cette tendance peut s’observer notamment dans son emploi des thèmes et des motifs, tout comme dans ses références assumées aux styles de Bruckner et de Mahler. La riche lenteur du deuxième mouvement de son troisième quatuor est d’ailleurs un bon exemple de la présence de l’univers mahlérien dans l’œuvre de du compositeur.

Sous-titré «Im Innerseten» («au coeur des choses»), cette œuvre (écrite en 1976) se situe clairement dans la tradition européenne des quatuors à cordes. Ses six mouvements, par exemple, peuvent être reliés aux quatre mouvements des sonates traditionnelles: le 1er mouvement correspond au traditionnel allegro d’ouverture; les 2e, 3e et 4e forment un mouvement lent élargi; le caractère du 5e rappelle le scherzo; alors que le 6e, final lent, conclut à la manière des derniers Mahler. Comme le souligne Alastair Williams, l’œuvre est par ailleurs remplie d’allusions à des œuvres du répertoire classique, dont le Deuxième Quatuor de Janacek, la mélodie d’ouverture de l’opus 130 de Beethoven, puis l’univers sonore de la Suite Lyrique de Berg.

A Deruchie [traduction française: N Pascal, ii-07]

Exécution