clarinette contrebasse

Selon la mythologie égyptienne ancienne, Anubis, dieu à tête de chacal, protégeait les morts, soupesant leur âme et décidant de leur sort dans un rituel connu sous le nom de psychostasio. Pendant ce temps, la déesse Nout avalait le soleil tous les soirs pour lui donner naissance tous les matins. Des dessins la représentent penchée au-dessus de l’horizon, les mains touchant l’Ouest et les pieds touchant l’Est. Inspiré par ces deux figures mythologiques, l’Anubis-Nout de Grisey est un diptyque dont chacun des deux «volets» musicaux représente l’un de ces dieux. Grisey peint le royaume des morts d’Anubis en inversant les lois des harmoniques. Au lieu d’étendre la note fondamentale vers le haut en une infinie d’intervalles plus brefs, il renverse ici le processus pour que la «fondamentale» se trouve dans le registre supérieur et que les sons qui en dérivent s’étendent vers le bas en intervalles décroissants. Nout sert de complément à Anubis. Tout comme Nout symbolise le jour à la nuit d’Anubis, le spectre harmonique reprend maintenant ses lois habituelles en s’étendant vers le haut, vers le ciel. L’allusion au culte égyptien des morts est à la fois symbolique et référentielle: ami et confrère de Grisey, Claude Vivier était assassiné en 1983, époque de la composition d’Anubis-Nout.

Exécution

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