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trombone, tuba, piano et ensemble

Commande: SMCQ, avec l’aide du CAC

Création: 4 mars 2004, MusiMars 2004: Modulations de fréquence, Salle Pollack — Pavillon Strathcona — Université McGill, Montréal (Québec)

1. Overstrung
2. Grind
3. Wisp-Spurs of Conveiling Intense
4. Contre-Point d’Esprit I
5. perhaps then, a line meant change…
6. Rewind
7. Psyclo
8. Contre-Point d’Esprit II

Pour commencer, considérez Double Entente comme un double concerto de chambre pour trombone et tuba. Ensuite, en vous basant sur la virtuosité qui se trouve aussi dans les parties de piano et de percussion, pensez à l’œuvre comme à un triple ou même à un quintuple concerto de chambre. Continuez en envisageant l’œuvre comme une sorte de concerto grosso de chambre moderne, comprenant un groupe concertino réduit avec cuivres, piano et percussion, auquel s’oppose un groupe ripieno à l’effectif plus large, constitué uniquement de cordes. Puis, attribuez à l’instrumentation et à l’organisation de l’ensemble une forme en miroir dont la symétrie évidente partage l’œuvre en deux groupes de force égale (où le piano solitaire sert de point de transition et de charnière). Maintenant, prenez en considération le fait que la musique elle-même, à divers degrés, permet sporadiquement toutes ces interprétations, mais n’en cautionne pourtant aucune rigoureusement. Enfin, la question à présent plutôt ennuyeuse sur ce qu’est vraiment la pièce est devenue, en elle-même, une aussi bonne réponse que celle qu’on pourrait espérer trouver à l’autre question tout aussi ennuyeuse relative à l’intention que suggère le titre de l’œuvre.

Les huit mouvements de Double Entente forment deux groupes symétriques. En effet, chacun des quatre mouvements d’un groupe correspond systématiquement à chaque mouvement de l’autre. Le premier mouvement, «Overstrung», est une ouverture très nerveuse mettant en relief l’agitation des cordes, à la manière baroque. Son pendant, le cinquième mouvement «perhaps then, a line meant change…», ne conserve du premier que la texture (l’unisson rythmique qui domine dans «Overstrung» se change ici en style choral, en accord avec le caractère fondamental de «perhaps then». Les brefs mouvements suivants, respectivement le deuxième et le sixième («Grind» et «Rewind»), se présentent comme des appendices de type coda. Des dualités paradoxales mettent en évidence le vaporeux troisième mouvement («Wisp-Spurs of Conveiling Intense») dont la texture rythmique, bien qu’elle soit complexe, dense et variable, se tient néanmoins avec naturel, tel un continuum rotatif en montée calme. Mais cette uniformité et son effet insistant d’entente polie doivent être mis en question; l’influence lointaine du concerto grosso refait maintenant surface et, avec elle, l’anticipation du retour de la force et de sa contrepartie. Le septième mouvement qui lui est relié (Psyclo) finit par donner la réponse attendue avec une vigueur incessante, troublante, voire même déstabilisante. Les mouvements associés «Contre-Point d’Esprit» (I et II) fourmillent de procédés contrapuntiques superposés, tels des fils de trame. On y trouve l’utilisation du canon, de l’inversion en miroir, des tempos multiples simultanés, de la proportion, de la convergence structurelle, du palindrome et des procédés d’addition et de soustraction.

Howard Bashaw

  • Enregistrement: disponible au bureau de la SMCQ

Exécution

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