flûte, hautbois, clarinette, violon, alto, violoncelle, percussions et piano

Commande: Barbara Polla et Luigi Polla, pour l’ensemble recherche (Fribourg-en-Brisgau, Allemagne)

À Rachel Isadora

«D’une manière générale, j’aime les titres à double entente. Paradoxalement, dès qu’on pense “figures libres”, on pense à la contrainte. Car la notion de liberté appelle immédiatement son antithèse. Ce que j’ai voulu faire apparaître dans ce titre, c’est que certaines figures caractéristiques s’échappent des contraintes données au départ: l’idée qu’il est possible pour un artiste ou un sportif – la référence est manifeste – de trouver, à l’intérieur d’un discours formalisé ou d’un réseau de contraintes, son propre espace de liberté. En l’occurrence, cela se traduit par l’apparition de nombreux solos instrumentaux, apparemment étrangers au contexte, bien qu’en réalité tous issus du même matériau. L’apparence de liberté est surtout gestuelle ici, d’un caractère “sportif” évident, au sens de la virtuosité et de l’engagement physique. Mais le titre est en fait assez paradoxal parce que ces figures libres sont très rares dans la partition. C’est sans doute la pièce la plus “thématique” que j’aie jamais composée: un motif, caractérisé par son enveloppe, sorte de figure imposée, est repris dans les trois mouvements de l’œuvre et subit de nombreuses variations. Dès que la prévisibilité du discours est trop grande, ces figures libres viennent la détruire. On pourrait dire que la figure imposée organise la pièce quand les figures libres la perturbent en créant des articulations moins prévisibles».

– in Insit’, entretien avec Damien Pousset

Exécution

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettent l’analyse d’audience.