Foweles in the frith
Fisses in the flod
And ic mun wax wod.
Mulch sorr’w ic walke with
For beste of bon and blod.
(anonymous, 13th-century)
Birds in the woods
Fish in the stream
And I must grow mad.
Much sorrow I walk with
For best of bone and blood.
(translation)

Les deux premiers vers de ce poème énigmatique peuvent être perçus comme l’expression de la grandeur de la nature, puis le troisième, comme l’intégration du poète à cette scène. Les deux derniers vers viennent toutefois donner un autre sens à ce qui pouvait sembler, au départ, l’exploitation sans équivoque d’une thématique très courante au Moyen-Âge: le spectacle grandiose de la nature florissante n’est que toile de fonds de la souffrance du poète, affligé ici du lourd chagrin d’un amour non partagé.

Dans le cadre de l’œuvre de Jonathan Wild, les premiers vers sont déjà porteurs de la souf-france qui ne devient explicite, dans le texte, que dans les derniers vers. En effet, le compositeur met en relief dès les premières mesure l’obsession du poète pour sa bien-aimée. La nature s’immisce timidement dans ce monde intérieur avant de s’en emparer sans retenue: les «oiseaux dans les bois» et «les poissons dans le ruisseau» sont-ils d’innocentes manifestations du printemps, ou la nature complote-t-elle contre le poète, contribuant à sa folie grandissante? Finalement, le poète se résigne à son destin, chagrin solitaire au milieu de la nature, mais sa souffrance n’en est pas moindre.

Ic mun wax est une commande de l’ensemble Viva Voce, sous la direction de Peter Schubert, et a été rendue possible grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada. Elle a été créée en 2006.

A Deruchie [traduction française: N Pascal, ii-07]

Exécution

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