ensemble, chœur et voix principale

Composé en 1964, In C est destiné à n’importe quelle formation instrumentale ou vocale. La partition consiste en une simple feuille sur laquelle sont indiquées 53 motifs possédant chacun une identité rythmique et mélodique (sur le mode ionien) propre. L’architecture globale de l’œuvre est soutenue par une pulsation régulière. Cette pulsation une fois instaurée, chaque participant détermine quand il doit commencer, combien de fois il répètera les motifs et comment il adaptera son cheminement à travers les 53 motifs en fonction des autres. L’œuvre se termine lorsque tous les interprètes ont joué le 53e motif. Le compositeur précise: «la qualité de cette musique dépend de l’interaction spontanée qui se développera dans le groupe d’interprètes. Une bonne exécution révèle un monde fourmillant de groupes et sous-groupes se formant, se séparant et se reformant continuellement dans une texture modale qui passera, sur une période de 45 à 90 minutes de do à mi et de do à sol».

«In C a existé pour plus de la moitié de ma vie et c’est peut-être de toutes les œuvres contemporaines celle qui est la plus jouée. J’ai eu à vivre heureux avec ses bienfaits aussi bien que sous son joug, même si ça ne m’avait pris que quelques heures à la coucher sur le papier, une nuit de printemps en 1964. La partition d’une page avait été publiée sur la pochette du long-jeu original ‘CBS Masterworks’ en 1968; elle devint donc immédiatement du domaine public, ce qui donna lieu à des prestations de l’œuvre partout au monde, de la Russie au Japon, jusqu’en Afrique du Sud. Je considère que ce fut là un cadeau que l’Univers avait obligeamment accordé au Terry Riley de 1964 qui pourrait bien m’être méconnaissable s’il se présentait à ma porte aujourd’hui. Il y a eu bien des versions de cet ensemble de 53 motifs, parmi lesquelles on peut compter la «Performance» par le Shanghai Film Orchestra, une épopée de 3 heures à Mexico sur de multiples marimbas, le spectacle somptueux donné par l’orchestre symphonique de San Francisco où le public était invité à apporter ses propres instruments, une version tout électronique à un récent festival au Lincoln Center, une version pour un ensemble de flûtes à bec, une autre pour Piano Circus ou encore l’une de mes préférées, une version nommée «Around D» jouée par des enfants de 8 à 12 ans. L’Innocence psychédélique qui donna naissance à cette musique s’est depuis longtemps dissoute dans les cybermondes qui nous gouvernent désormais, et pourtant, elle a trouvé moyen de survivre. Elle n’a pas seulement survécu mais s’est épanouie comme chant triomphal et hymne de liberté dans cette fantaisie dirigée par Walter Boudreau avec l’Ensemble de la SMCQ et l’Ensemble vocal de Montréal avec Raôul Duguay. C’est d’une conception brillante… si seulement j’y avais songé moi-même! J’aimerais penser que tout cela est branché sur quelque vérité fondamentale… mais… alors… alors… eh bien… on verra.»

Terry Riley, Sri Moonshine Ranch, 29/08/2000

Exécutions

Enregistrement