quatuor de saxophones et 6 percussions

Commande: Svenska Rikskonaerter

La combinaison de ces deux ensembles me donna l’idée d’une pièce avec une sorte d’action musico-théâtrale: l’attente et la rencontre. J’avais deux procédés de génération sonore à ma disposition: un immédiat (la respiration des musiciens dans leur instrument à vent) et un indirect (la production du son au moyen de baguettes de tambour, d’archets de balles de caoutchouc, etc., sur les instruments de percussion). Malgré tous les contrastes entre ces deux procédés, il existe en même temps une possibilité de rencontre à un point commun. J’ai opté pour cette possibilité comme idée fondamentale du développement de la composition: ce qui semble être un son similaire (un pizzicato de saxophone rappelle le son des blocs chinois) se développe graduellement en un contraste évident.

Après avoir traversé une «région dangereuse», nous arrivons finalement à une authentique «communauté» naturelle des instruments, à une «consonance de couleurs tonales» dans les harmonies du saxophone en dialogue avec les flexatones et les cymbales suspendues. Des mélanges imprévisibles d’accords sont produits par les caisses de métal de certaines percussions et par la forme courbée des anches des saxophones. De cette façon, une sorte de développement des relations entre les spectres linéaires et non-linéaires est obtenu. Le spectre linéaire affecte la distance et l’opposition: le spectre non-linéaire affecte la similitude et l’unité. Le cours de l’œuvre se déploie également dans l’attente de cette unité et, en effet, il en détermine la forme.

Commande de l’Institut des Concerts suédois (Svenska Rikskonaerter) pour le Quatuor de Saxophones Raschèr et l’Ensemble de percussion Kroumata, qui en donnèrent la première mondiale à Stockholm le 12 février 1994.
Source: Catalogue des Éditions Hans Sikorski.

Sofia Gubaidulina

Exécution

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