10 musiciens et gamelan

Commande: Société Radio-Canada (SRC)

Création: 7 mars 2005, Montréal / Nouvelles Musiques 2005: Les oiseaux exotiques, Salle Pierre-Mercure — Centre Pierre-Péladeau, Montréal (Québec)

Il y a quelques années, Véronique Lacroix m’a fait part de son désir de créer un concert centré sur l’idée des oiseaux, et plus particulièrement, sur les Oiseaux exotiques d’Olivier Messiaen. Étais-je intéressée à ce concept? Un défi irrésistible! Puis, l’idée a évolué pour inclure le Evergreen Gamelan dans la partition. C’est cette instrumentation particulière qui a dirigé la composition de cette pièce. Afin de respecter le thème, j’ai centré mon intérêt sur le son des battements d’ailes, inspirée par l’image d’une envolée d’oiseaux: chorégraphie parfaite, alternant le chaos à l’ordre, effervescence fugace, magie douce des motifs créés par leur mouvement dans l’espace.

L’œuvre est structurée en trois parties suivie d’une coda. Chaque partie explore une couleur spécifique: blanc, or et multicolore. Toujours construite en couches simultanées, l’œuvre se développe en explorant non seulement la progression de la couleur spécifique, mais aussi en contrôlant la densité, le mouvement des sons dans l’espace, le concept de chaos (figures rythmiques complexes) versus l’ordre (unisson) et les fluctuations de nuances.

Pour «blanc», le gamelan joue avec des balais plutôt qu’avec des maillets traditionnels. Les bois et cuivres sont souvent utilisés comme des mirages de l’harmonie des percussions. Ils ajoutent aussi une couche de ponctuation «blanche» avec des bruits blancs, et des frottements aux sand blocks et aux «bâtons de pluie». Ils installent aussi des harmonies persistantes contre une couche métallique créée par le cliquetis des clés, le tam-tam rayé d’une baguette de métal ou la contrebasse jouant col legno battuto.

Pour «or», toutes les percussions jouent des petites cymbales Cheng-Cheng d’une façon absolument extravagante et exubérante, pendant que les bois et cuivres reprennent les résonances comme une réflexion évanescente, dessinant des sons qui tournoient dans l’espace similaire à l’appel de certains oiseaux. Dans la dernière section, les bois résonnent avec des appels en tremolos pendant que le Gamelan joue principalement des sons étouffés à l’unisson qui se déphasent rapidement. La coda déconstruit certain motifs de vagues présents durant toute la composition. L’œuvre se termine exactement là où elle a commencé, sur une répétition des trois premières mesures.

L’échappée d’ailes est une commade de la Société Radio-Canada.

Linda Bouchard

Exécution

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