33 musiciens

Commande: Ensemble intercontemporain

À Olivier Messiaen à l’occasion de son 70e anniversaire.

Dans Modulations, quatrième pièce du cycle Les espaces acoustiques, le matériau n’existe plus en soi, il est sublimé en un pur devenir sonore sans cesse en mutation et insaisissable dans l’instant: tout est en mouvement. Seules balises dans cette dérive à la fois lente et dynamique: un spectre d’harmoniques sur mi (41,2 Hertz) et des durées périodiques. Ces repères essentiels pour notre perception nous permettent d’évaluer les distances parcourues, de jauger le degré d’inharmonicité d’un intervalle ou d’un complexe de son et de mesurer le degré d’apériodicité des durées.

La forme de cette pièce est l’histoire même des sons qui la composent. Les paramètres du son sont orientés et dirigés pour créer plusieurs processus de modulation, processus qui font largement appel aux découvertes de l’acoustique: spectres d’harmoniques, spectres de partiels, transitoires, formants, sons additionnels, sons différentiels, bruit blanc, filtrages, etc. L’analyse des sonogrammes des cuivres et de leurs sourdines m’a permis de reconstituer synthétiquement leurs timbres ou au contraire de les distordre. Les cuivres sont donc très importants pour l’élaboration de Modulations.

Par l’attention portée constamment, non plus sur le matériau lui-même, mais sur le vide, sur la distance qui sépare l’instant perçu de l’instant suivant (degré de changement ou d’évolution), je pense avoir approché un peu le temps essentiel, non plus le temps chronométrique, mais le temps psychologique et sa valeur relative.

(Propos recueillis par Guy Lolong, Les espaces acoustiques, CD-DDD LC 00280)

Exécution

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