orchestre

La composition d’Alexina Louie, Music for Heaven and Earth, est plus complexe que les œuvres de McPhee et de Freedman, à la fois dans la plénitude de ses constructions métaphoriques et dans les sonorités exotiques des instruments et des méthodes qu’elle utilise. Elle a fusionné les techniques de composition expérimentales, qu’elle avait apprises au cours de sa formation en Californie dans les années 70, avec la compréhension solide des techniques orchestrales traditionnelles et, dans ce cas, avec une qualité visuelle délibérément adoptée.

Music for Heaven and Earth a été commandé par le Toronto Symphony pour une tournée des pays du bassin du Pacifique, avec le soutien du Conseil des Arts de l’Ontario et de la Société Radio-Canada. Ce morceau a été exécuté pour la première fois le 25 avril 1990, peu après le départ de l’orchestre. Le caractère de l’œuvre, qui utilise des sons provenant des traditions chinoise et japonaise, découle des circonstances qui ont présidé à sa commande, ce qui donne à Alexina Louie «une occasion unique d’atteindre une grande partie du monde d’une manière directe et immédiate».

Les cinq parties de l’œuvre font partie d’un vaste mouvement continu et expansif, commençant par la représentation symbolique de l’expression humaine de l’individu et s’étendant à la description d’un univers cosmique constellé d’étoiles. Le premier morceau, «Procession of Celestial Deities», témoigne de l’influence de la musique de cour Gagaku japonaise. Lorsque les cuivres et les tambours entrent en jeu en une bruyante fanfare, ce que nous entendons est censé être une invocation du «Thunder Dragon», le dragon du tonnerre; cette puissante divinité céleste fait son entrée au son des gongs et des cymbales de l’Opéra de Beijing, suivi d’un rugissement formidable. Dans l’espace réverbérant qui demeure après le départ du Dragon, nous approchons du «Vide» cosmique, dont le mystérieux caractère intemporel s’inspire de la description, par l’astronaute Charles Duke, de la texture presque palpable de l’obscurité totale des espaces interplanétaires.

«Void» et le mouvement qui suit, «Earthrise», furent inspirés par les photographies de l’espace de The Home Planet, ouvrage édité par Kevin Kelley. La résonance des bols de temples japonais et une tendre mélodie au hautbois font suite à un passage descriptif de «Earthrise», l’aube de notre minuscule planète bleue et son ascension future, tel que l’on peut les voir de la surface de la Lune. Le voyage d’Alexina Louie se termine de façon presque magique, par un retour à la mythologie terrestre avec «Earthbound»: une illustration sonore de la «Rivière des Étoiles», nom sous lequel on connaissait la Voie lactée dans la Chine ancienne. Les sons commencent par un carillon éolien (dont les notes sont disposées dans la partition à la façon d’une carte des étoiles), des crotales, un vibraphone et un glockenspiel («comme de la poussière d’étoiles»), le carillon introduit un finale orchestral de proportions grandioses.

  • Enregistrement: CD: CBC Records SMCD 5154

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