piano

Sur l’insistance de son professeur de piano Paul Dukas, Messiaen, alors âgé de 21 ans et encore étudiant, publie ses huit Préludes en 1929. Même si les titres évocateurs peuvent laisser croire à l’influence de Debussy, la musique confirme que le jeune Messiaen a déjà acquis à cette époque une expression unique en composition et il démontre une vaste gamme de sonorités pures pour le piano. Le premier prélude de la série, La colombe, préfigure l’intérêt qu’a toujours manifesté Messiaen pour le chant des oiseaux et qui se trouve résumé ici dans une esthétique impressionniste. De forme symétrique, la miniature se termine sur une ligne ascendante suave évoquant le vol de la colombe. Les sons impalpables du rêve est une pièce structurée sous la forme rondo dont deux épisodes sont encadrés par un jeu récurrent de figures jouées de la main droite et produisant un son de carillon semblant venir de l’au-delà et planant sur une mélodie qui se déploie apparemment dans sa propre mesure. La structure claire et formelle d’Un reflet dans le vent n’est qu’une toile de fond à ce prélude admirablement évocateur dans lequel se lève une tempête musicale qui ébouriffe les feuilles et emporte les arbres, douce par moment et impétueuse à d’autres.

Exécutions