quatuor à cordes

À l’époque de Haydn, comme l’observe Járos Kárpáti, six quatuor à cordes étaient généra-lement requis pour former un opus. Mais chacun des six quatuors à cordes de Bartók étaient, quant à eux, d’une envergure suffisante pour former en soi un tout entier (selon Mátyás Seiber).

Le troisième d’entre eux a été composé pendant l’été 1927, et s’est mérité le premier prix (la somme très considérable de 6000$) lors du concours de la Musical Fund Society de Philadelphie dès l’hiver de la même année. Le compositeur s’était rendu pour la première fois en Amérique, et avait partagé les honneurs lors de ce grand concours avec le compositeur italien Alfredo Casella.

L’œuvre, dans sa conception, rappelle le quatuor en mineur de Schoenberg, les poèmes symphoniques de Strauss, et certaines œuvres de Liszt et Schubert dans lesquelles les mouvements sont enchaînés. Il est à la fois le plus court des six quatuors de Bartók et le plus aride harmoniquement, comme le souligne Paul Griffiths. Le célèbre musicologue et philosophe Théodor Adorno déclare d’ailleurs à son sujet en 1929 qu’elle est la meilleure œuvre du compositeur jusqu’alors: «les thèmes à partir desquels l’œuvre est conçue, avec d’ailleurs une grande économie, sont plus flexibles et solides que jamais chez Bartók. Les harmonies sont développées avec un audacieux relâchement… Ce qui est décisif dans l’œuvre est sa puissance formatrice, sa concentration de fer, sa structure parfaitement originale… Le caractère hongrois est fusionné à la sonate allemande dans un effort compositionnel impatient: une forme véritablement contemporaine est créée».

A Deruchie [traduction française: N Pascal, ii-07]

Exécutions

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