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orchestre

«En 1988, j’ai composé la musique d’un documentaire de Marie Décary, dont le propos était la présence de deux artistes canadiens à la Biennale de Venise, en l’occurrence Roland Brener de Vancouver et Michel Goulet de Montréal.

Fasciné par les images de la cinéaste, dépeignant des œuvres «contemporaines» parachutées dans un décor de la Renaissance, chargé d’histoire à souhait, j’avais choisi d’utiliser un matériau de base qui s’inspirerait de cette musique tout en l’«actualisant» grâce à des techniques de transformation que j’ai élaborées au fil des ans. Mon choix s’est arrêté sur un des 46 motets du compositeur espagnol Tomas Luis de Victoria (1548-1611) qui a vécu à Venise et dont le répons à quatre voix Tradiderunt Me In Manus Impiorum («Ils m’ont livré aux mains des impies») m’a immédiatement séduit. Par la suite, j’ai décidé d’orchestrer certains éléments de cette musique de film et de la développer de façon autonome. Tradiderunt Me In Manus Impiorum I est donc la première d’une série de cinq œuvres basées sur le motet de Tomas Luis de Victoria.

Suivront: Golgot(h)a (1990), Encore ces questions sans réponse… (1991), Tradiderunt Me In Manus Impiorum II (1992) et Le Voyage (1999-2002), cette dernière œuvre écrite pour mezzo solo, chœur mixte et grand orchestre, clôturant actuellement ce cycle.

On retrouve aussi dans Tradiderunt Me In Manus Impiorum I deux citations empruntées au Canticum Sacrum de Stravinski: les notes répétées du début de Euntes in mundum ainsi que les six dernières mesures du Brevis Motus Cantilenae, ces dernières circulant tout au long de l’œuvre et agissant aussi comme motif conclusif. Stravinski, qui aimait Venise au point d’exiger d’être enterré au cimetière du Lido, a dédié ce Canticum Sacrum à la ville de Venise, d’où sa présence dans mon œuvre.

Triplement dédiée à Marie Décary, Edgar Varèse ainsi qu’à Alain Cazes, cette musique se veut une célébration du son, puisqu’elle conjugue tout à la fois un discours «contemporain» et de sublimes architectures musicales de la Renaissance.»

Walter Boudreau

  • Partition disponible auprès de CMC, Région du Québec (bureau à Montréal).
  • Enregistrement: CD: Atma ACD 2 2283

Enregistrement

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