saxophone ténor et support [diffusé par des «ghetto blasters»]

Ayant grandi dans les années 60 au son du blues, du jazz et du rock, j’ai été très influencé par la musique américaine. Selon moi, les racines de ces différents genres musicaux puisent leurs sources dans la langue américaine parlée — j’ai d’ailleurs la conviction que le langage est à l’origine de la musique en général. Dans Grab it! j’ai exploré le «no-man’s-land» qui se situe entre le langage et la musique. Pour réaliser la bande, j’ai choisi des échantillons de voix provenant d’un vieux documentaire américain intitulé Scared Straight portant sur la délinquance juvénile, et dans lequel les condamnés à perpétuité occupent une place importante. J’ai été très touché par la dureté des paroles de ces hommes qui vivent en marge de la société.

Grab it! est en quelque sorte un duel entre le saxophone ténor et la bande. Au fil de la pièce, le sens des paroles se clarifie petit à petit, mettant en évidence la situation désespérée des ces prisonniers: «He tied one end around the pipe, and he hung himself. So he went out the back door rapped up in a green sheet with a tag on his toe… You lose everything!». En un sens, le couloir de la mort (death row) est une métaphore de la vie. La pièce n’est pas que pessimiste pour autant: elle invite à vivre pleinement la vie… Grab it («saisissons-la»)!

Cette pièce a été commandée par le Fonds voor de Scheppende Toonkunst à l’intention d’Arno Bornkamp.

Exécution

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