percussions

«Chanson du matin
quelques sons qui se reflètent sur lesquels l’esprit se concentre – qui prennent la vie en eux, sur eux –
Chanson de midi
naît une mélodie tendre et douce elle se fixe par endroits pour reprendre son souffle
Chanson d’après-midi
exubérante hymne au soleil, qui se répète toujours et n’arrête jamais
Chanson du soir
des yeux graves se penchent sur l’abîme de la vie-méditation
Chanson de la nuit
comme un rêve tout se mélange!»

Claude Vivier

L’appréciation des Cinq chansons pour percussion commence même avant le début de l’œuvre, alors qu’on peut déjà voir les magnifiques instruments à percussion pour lesquels l’œuvre est écrite. Provenant d’Indonésie, de Thaïlande, du Japon et de la Chine, ces instruments sont aussi agréables pour l’œil que leur son est évocateur d’Orient. Un Orient retravaillé, réintégré par Vivier, qui nous laisse d’abord entendre la sonorité pure des instruments par des échanges très calmes, avec une longue résonance. Il nous offre ensuite une musique où les rythmes répétés semblent vouloir mener à une transe, à un état d’extrême conscience et d’abandon total.

Vivier lui-même la décrit avec beaucoup de justesse:

«Le mot ‘chanson’ est pris dans son sens asiatique: cinq énoncés musicaux composés assez librement autour de quelques notes. L’œuvre pourrait s’appeler Aikea, ou ‘petits poèmes’.»

[viii-07]