ondes Martenot et percussions

Création: 14 décembre 2007, Série Hommage Claude Vivier: Battements… de cœurs / Prolifération, Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal (Québec)

Les jeunes de ma génération et de ma culture sont majoritairement agnostiques. Nous avons peu de foi, mais nous sommes ouverts à la spiritualité sous ses différentes formes. Dans Chapelets, je me penche sur le phénomène de la prière agnostique. Sans la religion, ses rites et ses références, est-il encore possible pour nous de prier, de se recueillir?

Le concept du chapelet m’intéressait car il est utilisé par différentes confessions à travers le monde. Peu importe la religion dans laquelle il est utilisé, il permet, par le roulement répétitif des perles sous les doigts, de garder le compte des prières récitées. Ce geste automatique assure la concentration du prieur et l’attention qu’il portera sur les prières elles-mêmes. De façon générale dans cette pièce, les percussions non-résonnantes représentent les perles du chapelet alors que les ondes Martenot et les percussions résonnantes représentent la voix intérieure du prieur.

Au départ, les crotales et les ondes Martenot tissent un paysage sonore spirituel, alors que les perles comptées aux blocs de bois défilent sans interrompre le discours. Nous remarquerons cependant que l’attention de notre prieur sera occasionnellement détournée. Tantôt les ondes rejoindront l’articulation découpée des percussions; la pensée du prieur dérogeant de sa voie et se mettant à compter systématiquement. Ailleurs, le bruit blanc représentera un déficit d’attention, une confusion dans la prière.

Exécution