violon, violoncelle et accordéon

Création: 21 février 2009, Montréal / Nouvelles Musiques 2009: Deux GRAME(s), Société des arts technologiques, Montréal (Québec)

«Un homme se possède par éclaircies, et même quand il se possède, il ne s’atteint pas tout à fait. Il ne réalise pas cette cohésion constante de ses forces sans laquelle toute véritable création est impossible.»

— Antonin Artaud, Correspondance avec Jacques Rivière, 1924

La pièce est structurée en quatre moments différents que j’appelle «fragments», non pas en raison de leur durée mais plutôt dans le but de faire référence à un instant du temps clos sur lui-même et éphémère, mais qui propose cependant une idée et qui exprime une intention différente par rapport aux autres. Mon propos est de situer chaque «fragment» dans une position atemporelle, c’est-à-dire sans établir une relation avec une idée antérieure ou future, sans aucun but de développement dans le temps, mais plutôt comme un geste sonore manifeste dans un présent continu, absolu et irréel. Au lieu de penser la forme comme une totalité, je me propose donc dans cette pièce de capter l’essence d’un geste différent dans chaque fragment et d’exploiter au maximum ses possibilités expressives. Ces gestes sont, par exemple, un timbre de l’accordéon à partir duquel se dégagent les cordes, l’idée de spatialisation et de projection du son dans l’espace et plus précisément dans le premier fragment, l’idée de tintement, bourdonnement et d’impureté du son emprunté au phénomène des acouphènes.

Exécution