piano à quatre mains

Orch. Igor Fiodorovitch Stravinski, 1947

Désormais unanimement acclamée, la musique de ce ballet fut d’abord l’objet de vives critiques. On n’hésita pas à écrire qu’avec cette œuvre, «jamais le système et le culte de la fausse note n’[avaient] été pratiqués avec autant de zèle et de continuité». L’intégrité artistique de Stravinsky fut même remise en question: «dans le désir, semble-t-il, de faire primitif, préhistorique, il a travaillé à rapprocher sa musique du bruit, […] travail éminemment amusical». On sait aujourd’hui que le tumulte de la première représentation fut peut-être moins provoqué par les critiques musicaux les plus conservateurs que par les partisans de Diaghilev qui voulaient les faire taire. Quoi qu’il en soit, la création du Sacre du printemps représente certainement un tournant dans l’histoire musicale occidentale. L’œuvre dépeint une suite de cérémonies païennes évoquant la Russie ancestrale. Lors de sa composition, Stravinsky fit d’ailleurs appel aux services de Nikolai Roerich, grand spécialiste de l’art folklorique russe et des rituels anciens. Voici la note de programme que les auditeurs assistant à la première parisienne avaient entre leurs mains:

Premier tableau: L’Adoration de la terre

Printemps. La terre est couverte de fleurs. La terre est couverte d’herbe. Une grande joie règne sur la terre. Les hommes se livrent à la danse et interrogent l’avenir selon les rites. L’Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l’amène pour l’unir à la terre abondante et superbe. Chacun piétine la terre avec extase.

Deuxième tableau: Le Sacrifice

Après le jour, après minuit. Sur les collines sont les pierres consacrées. Les adolescentes mènent les jeux mythiques et cherchent la grande voie. On glorifie, on acclame Celle qui fut désignée pour être livrée aux Dieux. On appelle les Aïeux, témoins vénérés. Et les sages aïeux des hommes contemplent le sacrifice. C’est ainsi qu’on sacrifie à Iarilo, le magnifique, le flamboyant (dans la mythologie slave, larilo est le dieu de la nature).

Jean-Simon Robert-Ouimet [iii-12]

Exécution

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