quatuor à cordes et traitement

Commande: Quatuor Molinari

Création: 2 novembre 2014, Molinari branché!, Salle Tanna Schulich — Pavillon de musique Elizabeth Wirth — Université McGill, Montréal (Québec)

Aux premières lueurs du jour je
me suis levé lentement. Je suis
monté à l’échelle du mur, et, par
la lucarne, j’ai regardé passer les
gens qui s’en allaient.

Pierre Leverdy, La lucarne ovale (1916)

C’est à l’occasion d’une exposition d’œuvres du peintre Fernand Leduc au MNBAQ que je fus frappé par leur intensité et leur profondeur d’expression. J’ai immédiatement eu envie d’y miroiter ma manière de travailler et voir comment je pourrais transposer musicalement des préoccupations similaires. Plus particulièrement, mon attention s’est portée sur le raffinement des couleurs, qui dans les tableaux de Leduc, se déploient dans des formes très simples — dans ses monochromes appelées aussi microchromies — les couleurs résultent de l’adjonction successive de nombreuses couches de pigments très dilués. L’impact de ces tableaux est immédiat, et les intentions de l’artiste sont rendues directement. L’Hommage se présente comme une étude d’expression basée sur la construction, par couches successives, de sonorités complexes (synthèse additive — ondes sinusoïdales et bruit blanc —), mixées, ou réverbérées en temps réel par un retour sonore de la capture du jeu instrumental des instruments du quatuor. La «technique» de cette mixité repose sur l’emploi d’un synthétiseur numérique sur lequel je travaille depuis deux ans, qui repose sur environ 120 voix polyphoniques pouvant déployer jusqu’à environ 3000 oscillateurs distincts, mais la plupart du temps «fusionnés» dans des «tables», qui elles établissent les règles d’harmonie/timbre, et définissent la signature sonore, les coloris spécifiques utilisés qui caractérisent les différentes parties de la pièce.

Yannick Plamondon

Exécution