soprano et petit ensemble

Claude Vivier n’a que 22 ans au moment de composer Hiérophanie , dans le cadre de son Concours au Conservatoire de musique de Montréal. L’œuvre, bien que marquée par l’influence de ses professeurs — en particulier Gilles Tremblay — laisse déjà entrevoir le style unique du compositeur, qui en fera l’un des plus grands noms de la musique québécoise. «On y retrouve tous les éléments de ses œuvres postérieures: la beauté, les timbres purs, la musique d’enfant et des textures riches», déclare d’ailleurs Marco Blaauw, trompettiste de l’ensemble Musikfabrik. Vivier ne pourra toutefois jamais entendre son œuvre: celle-ci sera longtemps oubliée, et ce, bien au-delà du décès prématuré du compositeur en 1983. Ce n’est qu’en 2010 que Musikfabrik sort la partition des oubliettes, la présentant dans plusieurs concerts en Europe. L’ensemble allemand vient aujourd’hui enfin présenter l’œuvre pour la toute première fois en Amérique du Nord.

C’est en ces termes que le regretté Bob Gilmore, biographe de Claude Vivier, décrit l’œuvre: «Hiérophanie est une représentation complexe de l’existence humaine. Les musiciens passent à travers un éventail de mouvements et d’interactions que Vivier a créés pour eux, et qui ne semblent se diriger vers aucune fin: ils doivent tourner en rond, improviser, jouer et chanter bouche fermée une musique qui leur rappelle leur enfance; ils doivent crier les noms des dieux, jouer de la «musique commerciale», et à un certain moment échanger leurs instruments entre eux, tout cela au cœur d’exhortations spirituelles de la part des percussionnistes.»

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Exécution