tu-yo télescopique, membranes vibrantes, The Pipe et flûtes OverTone

Création: 1 mars 2015, Montréal / Nouvelles Musiques 2015: L’air du temps, Hexagram Black Box — Édifice EV — Université Concordia, Montréal (Québec)

Les êtres humains exagèrent régulièrement. Parmi les hyperboles courantes, on retrouve, notamment, «ce sac pèse une tonne», «j’ai tellement faim que je mangerais un cheval» ou les blagues toujours hilarantes (!) à propos des mères («Yo’ mama so fat…»). Les artistes sont peut-être même pires que les joueurs de football («J’ai heurté le poteau. J’étais carrément dégoûté»). N’avez-vous jamais assisté à une lecture de poésie contemporaine, où vous avez soit souffert en silence, soit tout fait pour ne pas vous endormir pendant que le récitant exprimait ses sentiments à outrance en égrainant une litanie de sous-entendus si prétentieux «moi, moi, moi! Je suis si profond et plein d’esprit». Souvent, ces occasions confirment la croyance populaire voulant que les productions artistiques miroitent les émotions du créateur. C’est tout de même moins intéressant qu’une œuvre d’art sollicitant à la fois notre esprit social et collectif et une introspection, plus précisément une inspection de nos réactions personnelles, voire émotionnelles face aux objets intrinsèquement neutres.

Il s’agit de la quatrième version d’une série d’œuvres pour instrument (s) interactifs et ordinateurs. La magnifique hyperbole dont il est question ici est tirée du roman paru en 2003 de Gabriel Garcia Márquez intitulé Vivre pour la raconter: «À cette époque, Bogota était une ville éloignée et lugubre où une pluie insomniaque tombait depuis le début du 16e siècle». Alors que j’écris ces mots, une averse s’abat sur Édimbourg comme c’est souvent le cas au mois de novembre. Je rêve au soleil. Je constate que, même si Montréal est plus ensoleillée, elle reçoit 50% plus de précipitations qu’Édimbourg. Gardons la tête hors de l’eau.

[traduction française: Julie Di Marco, xi-14]

Exécution