On dit souvent que pour percevoir qu’un geste musical transmet une intention, il faut un mouvement avec une sorte d’accélération. La gravité terrestre est certainement la source d’accélération qui nous est la plus familière, exerçant en permanence sa force sur notre corps et sur ce qui nous entoure depuis que nous sommes nés. Quand un chef d’orchestre transmet le tempo et les signes musicaux avec des mouvements physiques, la perception de la relation entre la gravité et la gestuelle du chef d’orchestre joue un rôle majeur dans l’interprétation qu’en font les musiciens. Il est aussi très fréquent de voir des musiciens se figer pendant une suspension musicale ou bien accélérer rapidement vers un sforzando, des mouvements qui ne sont parfois pas techniquement nécessaires, mais qui aident à préparer et à transmettre une intention musicale.

Pendulum a été conçu comme une exploration des possibilités de générer des gestes musicaux à partir des gestes spatiaux, qui à leur tour explorent l’utilisation des modèles physiques pour générer des mouvements spatiotemporels accélérés. Il s’agit d’une réponse musicale à des questions simples: peut-on entendre la gravité? Peut-on entendre le frottement? Peut-on les utiliser pour générer des gestes musicaux? A-t-on besoin de frottement pour arrêter naturellement un geste musical généré par des modèles dérivés de la gravité?

Il s’agit également d’une démonstration des possibilités qu’offre mon logiciel de spatialisation appelé Spatium. — Enregistrement en direct de la première par Sond’Ar-te Electric Ensemble sous la direction de Guillaume Bourgogne, à l’Institut Goethe du Portugal en Octobre 2012.

[traduction française: Soline Le Martret, ii-15]

Exécution

  • Jeudi 26 – samedi 28 février 2015