8 violoncelles

Le compositeur Martin Matalon décrit ainsi son œuvre … de matiz al color…, une commande du Beauvais Cello Octet: «l’octuor pour violoncelle, qui est apparu récemment dans le paysage musical, cache des possibilités sonores considérables. Le violoncelle est doté d’un son voluptueux et offre un large évantail de couleurs, qui se trouve multiplié par l’emploi de différentes techniques de jeu et articulations. … De matiz al color… a pour point central ce potentiel sonore particulier: elle explore la transformation du matériel musical (structure rythmiques, textures et lignes mélodiques) en une forme plastique. C’est l’évolution et la composition de ces formes, ainsi que la dialectique qui se crée entre elles, qui a orienté l’ensemble de l’œuvre».

La première de ces formes apparaît dès le début de l’œuvre: un passage tutti fortissimo qui rappelle sans contredit la fameuse texture perpetuum mobile du Messagesquisse de Boulez. La seconde, nettement différente, suit rapidement: le niveau dynamique baisse, et la texture s’amincit en une simple mélodie pizzicato accompagnée par des trémolos. Ces deux univers sonores contrastant, initialement clairement séparés l’un de l’autre, se superposent petit à petit: l’accompagnement en trémolo de la deuxième «forme» commence à adopter la texture perpetuum mobile de la première, alors que l’agressif perpetuum mobile de la première se transforme graduellement en accompagnement de mélodie, adoptant à son tour la texture de la seconde.

A Deruchie [traduction française: N Pascal, ii-07]

Exécution