Œuvre intégrale/parente: Mishpatim (Laws)

Vayiru Et (And they Saw) in Memoriam Matan Givol a été écrite en 2010 et 2011. Vayiru et signifie «et ils ont vu». Cette œuvre est dédiée à la mémoire du violoniste Matan Givol, décédé en 2011.

La composition est inspirée de textes de la Bible Hébraïque, tirés de Mishpatim (Lois) dans le Livre de l’Exode et du Livre de Jérémie. Dans la tradition juive, le texte Haftarah doit être lu à la synagogue la même semaine que le livre de Mishpatin (Lois). La traduction française du texte est la suivante:

«Et Dieu dit à Moïse: Monte vers l’Éternel, toi et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante et dix des anciens d’Israël, et vous vous prosternerez de loin. Et Moïse s’approchera seul de l’Éternel; mais eux ne s’en approcheront point, et le peuple ne montera point avec lui.

Alors Moïse vint, et rapporta au peuple toutes les paroles de l’Éternel et toutes les lois. Et tout le peuple répondit d’une seule voix, et dit: Nous ferons toutes les choses que l’Éternel a dites.

Et Moïse écrivit toutes les paroles de l’Éternel, et il se leva de bon matin, et bâtit un autel au bas de la montagne, et dressa douze colonnes pour les douze tribus d’Israël.

Et il envoya les jeunes gens des enfants d’Israël, qui offrirent des holocaustes, et sacrifièrent des sacrifices de prospérité à l’Éternel, savoir de jeunes taureaux.

Et Moïse prit la moitié du sang, et le mit dans les bassins, et il répandit l’autre moitié sur l’autel.

Puis il prit le livre de l’alliance, et il le lut au peuple qui l’écoutait et qui dit: Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit, et nous obéirons.

Moïse prit donc le sang, et le répandit sur le peuple, et dit: Voici le sang de l’alliance que l’Éternel a traitée avec vous selon toutes ces paroles.

Et Moïse et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante et dix des anciens d’Israël montèrent,

Et ils virent le Dieu d’Israël.» (Exode 24:1-10)

La combinaison de ces textes dans la composition a permis de mettre en lumière les relations qui existent entre le mythique rite ancestral et l’herméneutique textuelle. Comme dans la plupart de mes récents travaux, j’ai continué d’incorporer le symbolisme hébraïque des nombres (gematria) à la formation de la structure musicale. La gematria sert non seulement de paramètres à la structure musicale, tels que le ton, le rythme, la mesure, le tempo, etc., mais aussi à organiser les timbres, la signification musicale, la convolution électronique, et la spatialisation électronique. Simultanément, des connexions sonores et formelles sont créées entre les sections du texte de la Torah et du texte de la Haftarah, l’un existant en tant que rituel phonétique et mélodique, et l’autre en tant que chœur répété, hypnotique.

Je remercie les membres de l’Ensemble Meitar, Noa Frenkel, Detlef Heusinger et l’équipe de Experimentalstudio pour l’aide prodiguée lors de la création de cette composition.

[traduction française: Céline Robitaille, ii-15]

Exécution