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orchestre de chambre

Commande: Giorgio Magnanensi, avec l’aide du CAC

Cette œuvre a été commandée par Giorgio Magnanensi, directeur artistique du Vancouver New Music, pour être jumelée en création avec Désert d’Edgard Varèse. Quel cadeau exquis car de tous les compositeurs du siècle dernier, Varèse est celui qui m’a éveillée au langage contemporain comme nul autre n’a pu le faire, il m’a transformée littéralement du jour au lendemain.

Brasier épouse en grande partie l’instrumentation de Désert, à la seule différence que je n’utilise pas de partie électronique.

Le mot brasier fait référence à la combustion, au feu violent ou à la passion, commes’enflammer, se consumer. L’œuvre est divisée en trois sections continues exprimant, comme matériau métaphorique, trois états d’esprit ou perspectives psychologiques: être témoin de loin, être consumé, se souvenir.

Ces sections sont définies par des paramètres stricts contrôlant la palette orchestrale. La première partie, pour percussions uniquement, est caractérisée par une activité constante d’éclats métalliques et blancs, de crashs tonitruants et d’un solo de timbales virtuoses. Dans la partie médiane, le tutti apparaît de manière soudaine. Toute l’activité est organisée en blocs avec des couches superposées qui se chevauchent.

À l’intérieur d’un langage bien défini et presque mathématique (tessiture, contour du phrasé, nombre de notes, silences, etc.), les groupes instrumentaux créent une masse de sons énergiques, une densité dans un chaos strictement organisé. La section finale est une variation subtile sur le matériau harmonique et rythmique des sections précédentes, perçu comme un mirage.

Un grand merci au compositeur Ronald Bruce Smith pour son aide précieuse lors de l’utilisation du logiciel Max-MSP. Cette œuvre a été composée à San Francisco grâce à une subvention du Conseil des arts du Canada.

Exécution